2020: Année (des auteurs ?) de la Bande Dessinée

Comme l’a annoncé Mercredi notre ministre de tutelle, la nouvelle année qui s’annonce sera l’occasion d’une mise en lumière de notre secteur, la Bande Dessinée.

Le SnacBD et les EGBD avaient été sollicités pour participer au comité de pilotage de cet événement.

Nous avons insisté dès la première réunion en Mai 2019 sur l’importance d’y placer les auteurs au centre et avons formulé, pour ce faire, trois demandes concrètes :

Une nouvelle étude sur la situation des auteurs, une aide à l’achat de matériel, enfin et surtout, la mise en place d’une rémunération test “à la présence” pour tous les auteurs participant aux événements labellisés “BD2020”.

Si les deux premières propositions, dépendantes exclusivement des services de l’Etat, semblent trouver leurs concrétisations prochaines, en revanche la dernière, même si elle a été évoquée  par le ministre lors de son discours, est beaucoup plus compliquée à mettre en place.

Ce projet “test” que nous portons nécessite la mise en place d’un co-financement (CNL, Organisations …) , et donc légitimement et logiquement de l’appui financier de nos “partenaires”,  les éditeurs de bande dessinée, lorsqu’ils sont co-organisateurs d’un événement (quand ils invitent des auteurs). 

À ce jour, ils n’ont pas répondu favorablement à notre proposition de participation financière à hauteur de 70 €, un tiers de 212 €, forfait correspondant au tarif journée “signature” de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, que nous souhaitons ici comme forfait minimal par auteur et par événement labellisé “BD2020” pour cette année test.

Quand, pour un festival comme le FIBD, l’investissement pour un éditeur du SNE (Syndicat National des Editeurs) est de plusieurs centaines de milliers d’euros, nous constatons que quelques milliers d’euros supplémentaires, à destination de celles et ceux qui font la richesse de l’événement, voire leur richesse tout court, ne semble pas être une option recevable.

Nous refusons que cette année 2020 voit une fois de plus cette absurdité mortifère d’un marché BD “dynamique et florissant”, se faisant sur le dos de celles et ceux qui en sont la source : les autrices et auteurs, sempiternelles variables d’ajustement.

Entre l’impact des réformes en cours ou en projet, et la baisse de leurs revenus, les autrices et les auteurs n’ont pas du tout le cœur à la fête.

Nous appelons notre secteur, et tout particulièrement notre “partenaire” SNE, à qui profite principalement cette mise en lumière de la BD, qu’il se saisisse sans délai de cette occasion qui lui est offerte d’agir concrètement pour redonner aux autrices et aux auteurs la place centrale qui doit être la leur.

Pour rappel, les auteurs s’étaient mobilisés massivement de plusieurs manières et à plusieurs reprises entre 2014-2015 sur la réforme de leur retraite complémentaire, comptez sur eux en 2020 pour faire entendre leur voix sur un sujet aussi sensible et immédiat que leurs rémunérations.

Sans auteurs, pas de livres, pas d’éditeurs, pas de festivals.

Bonne année BD2020 !

Le SnacBD

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