Archives de catégorie : Actus

Hubert, auteur engagé.

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris hier la disparition subite de notre ami et collègue Hubert. Nos pensées vont évidemment d’abord à sa famille et son entourage proche.

Coloriste et Scénariste de BD talentueux et audacieux, il était aussi un fervent défenseur de la cause des auteurs. Au sein du comité de pilotage du SnacBD et du CPE il y a une dizaine d’années, très impliqué dans les discussions avec le SNE notamment sur le contrat d’édition numérique… Il est indéniablement un de ceux et celles qui ont permis de belles avancées pour aboutir aux accords CPE/SNE. Les auteurs qui ont eu la chance de le croiser le savent, il n’était pas avare de conseils judicieux et une aide précieuse dans les négociations. Diplomate et avenant, il savait aussi être ferme avec des arguments précis lorsqu’il s’agissait de défendre l’intérêt des auteurs, en particulier des plus fragiles. C’était un homme de convictions qui le prouvait par ses engagements.

Un grand merci à lui pour tout le bien qu’il a offert à ses collègues.

Le comité de pilotage du SnacBD

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Débrayage Angoulême 2020

Autrices auteurs présents·es au FIBD,

Nous vous demandons de poser vos crayons LE VENDREDI 31 JANVIER À 16h30.

Le lieu de rendez-vous et les actions vous seront précisées très bientôt.

Des actions seront aussi proposées à ceux et celles qui ne sont pas à Angoulême.

Cet appel est lancé par toutes les organisations professionnelles : SNAC BD, Ligue des Auteurs Professionnels, EGBD, adaBD, et Charte des Auteurs et Illustrateurs Jeunesse.

Les actions seront coordonnées avec les collectifs d’auteurs et d’autrices mobilisées.

SANS AUTRICES ET AUTEURS, PAS DE BD !

Programme Angoulême 2020

Dans le cadre du FIBD 2020, le SNAC BD organise au Magic Mirror deux journées destinées aux autrices et auteurs de bande dessinée (et ouvertes aux étudiants en cycle de BD sur présentation de leur carte).

Cette année, nous avons choisi de mettre en avant deux professions : les scénaristes et les coloristes !

Les tables rondes et Masterclasses seront filmées et retransmises sur nos réseaux sociaux.


Jeudi 30 janvier

10h/12h :
P’tit Dej pro: La situation des auteurs BD en 2020, l’année de la BD ?
Avec Christelle Pécout (autrice), Emmanuel de Rengervé (juriste du SNAC), Marie-Anne Ferry-Fall (directrice générale de l’ADAGP), Pierre Lungheretti (directeur général de la Cité de la bande dessinée), Stephane Beaujean (directeur artistique du FIBD).
Modération : 
Sébastien Cornuaud (Cité de la BD, ADABD)

14H30-19H
Permanence juridique
Si vous êtes auteur ou autice et souhaitez profiter de l’occasion pour bénéficier d’une consultation juridique ou discuter quelques minutes des sujets qui vous occupent ou des problèmes professionnels que vous rencontrez et que le syndicat pourrait éventuellement prendre en charge, Emmanuel de Rengervé, juriste du Snac,  est à votre disposition pour un rendez-vous.
Vous pouvez encore adresser un message avant mercredi, à l’adresse email : <snac.fr@wanadoo.fr>
Sans RDV, vous pouvez bien entendu passer nous voir, sous réserve du planning.

14h30/16h30 :
Masterclass : scénaristes
Avec Valérie Mangin, Fabien Velhmann et Wilfrid Lupano parleront de leur métier, de leur expérience professionnelle, et échangeront sur la place des scénaristes dans la bande dessinée.
Modération : Denis Bajram (auteur, président de la Ligue des auteurs professionnels)


Vendredi 31 janvier : Journée coloristes

10h/12h
P’tit Dej pro : Coloristes, un métier à valoriser
Avec Elvire DeCock , Claude Guth et Christian Lerolle qui discuteront des conditions de travail des coloristes et de ce métier.

14h30/16h30
Masterclass technique : Coloristes
Avec Elvire de Cock, Christian Lerolle et Gilles Aris feront plusieurs démonstrations techniques, dont une sur Clip Studio Paint.
Celsys offrira comme l’an dernier 50 licences CSP d’un an à celles et ceux qui ont assisté à la masterclass.
En partenariat avec Wacom et Celsys.

18h30
Moment convivial
Avec notre partenaire l’ADAGP, nous lancerons le Calendrier des auteurs de bande dessinée. Un exemplaire vous sera distribué dans la limite des stocks disponibles.
Ce sera aussi l’occasion de faire un point sur les luttes actuelles avec les organisations présentes.
Un verre sera offert également à toutes et tous.

Nous remercions nos partenaires: l’ADAGP, la Cité Internationale de la bande dessinée, l’adaBD, la Maison des auteurs, Celsys, et Wacom, le Festival International de la Bande Dessinée, et enfin les collectivités locales qui accueillent le Magic Mirror au cœur de l’hôtel de ville depuis 3 ans.

2020: Année (des auteurs ?) de la Bande Dessinée

Comme l’a annoncé Mercredi notre ministre de tutelle, la nouvelle année qui s’annonce sera l’occasion d’une mise en lumière de notre secteur, la Bande Dessinée.

Le SnacBD et les EGBD avaient été sollicités pour participer au comité de pilotage de cet événement.

Nous avons insisté dès la première réunion en Mai 2019 sur l’importance d’y placer les auteurs au centre et avons formulé, pour ce faire, trois demandes concrètes :

Une nouvelle étude sur la situation des auteurs, une aide à l’achat de matériel, enfin et surtout, la mise en place d’une rémunération test “à la présence” pour tous les auteurs participant aux événements labellisés “BD2020”.

Si les deux premières propositions, dépendantes exclusivement des services de l’Etat, semblent trouver leurs concrétisations prochaines, en revanche la dernière, même si elle a été évoquée  par le ministre lors de son discours, est beaucoup plus compliquée à mettre en place.

Ce projet “test” que nous portons nécessite la mise en place d’un co-financement (CNL, Organisations …) , et donc légitimement et logiquement de l’appui financier de nos “partenaires”,  les éditeurs de bande dessinée, lorsqu’ils sont co-organisateurs d’un événement (quand ils invitent des auteurs). 

À ce jour, ils n’ont pas répondu favorablement à notre proposition de participation financière à hauteur de 70 €, un tiers de 212 €, forfait correspondant au tarif journée “signature” de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, que nous souhaitons ici comme forfait minimal par auteur et par événement labellisé “BD2020” pour cette année test.

Quand, pour un festival comme le FIBD, l’investissement pour un éditeur du SNE (Syndicat National des Editeurs) est de plusieurs centaines de milliers d’euros, nous constatons que quelques milliers d’euros supplémentaires, à destination de celles et ceux qui font la richesse de l’événement, voire leur richesse tout court, ne semble pas être une option recevable.

Nous refusons que cette année 2020 voit une fois de plus cette absurdité mortifère d’un marché BD “dynamique et florissant”, se faisant sur le dos de celles et ceux qui en sont la source : les autrices et auteurs, sempiternelles variables d’ajustement.

Entre l’impact des réformes en cours ou en projet, et la baisse de leurs revenus, les autrices et les auteurs n’ont pas du tout le cœur à la fête.

Nous appelons notre secteur, et tout particulièrement notre “partenaire” SNE, à qui profite principalement cette mise en lumière de la BD, qu’il se saisisse sans délai de cette occasion qui lui est offerte d’agir concrètement pour redonner aux autrices et aux auteurs la place centrale qui doit être la leur.

Pour rappel, les auteurs s’étaient mobilisés massivement de plusieurs manières et à plusieurs reprises entre 2014-2015 sur la réforme de leur retraite complémentaire, comptez sur eux en 2020 pour faire entendre leur voix sur un sujet aussi sensible et immédiat que leurs rémunérations.

Sans auteurs, pas de livres, pas d’éditeurs, pas de festivals.

Bonne année BD2020 !

Le SnacBD

Année de la BD, un concours problématique

Beaucoup d’autrices et d’auteurs ont vivement réagi au lancement du concours ouvert aux “jeunes” talents pour réaliser l’affiche de l’Année de la BD. C’est parce que, depuis trop longtemps, les concours ont été abusivement utilisés par de nombreuses entreprises et évènements pour obtenir à bon compte un large panel de choix dans leur communication visuelle. Ils ont donc naturellement mauvaise réputation dans nos professions précarisées.

Certes, la dotation peut sembler cette fois généreuse pour les heureux et heureuses élues, mais, si on examine la portée du contrat de cession de droits pour le gagnant, c’est en fait loin d’être aussi évident. Surtout, pour tous les autres participants, réaliser une illustration d’affiche est un travail beaucoup trop long et complexe pour être fait gratuitement.

Nous ne doutons pas qu’il s’agit là d’une simple maladresse. D’ailleurs, les organisateurs de l’événement ont rapidement contacté le SNAC BD et la Ligue des auteurs professionnels pour trouver une solution. Nous sommes donc en train de travailler sur des propositions pour que ce concours ait des modalités plus respectueuses du travail effectué par les auteurs et autrices.

Nous avons aussi demandé à ce que nous soyons mieux tenu au courant de tout ce qui touche à cette année de la BD, afin d’éviter d’autres maladresses. Nous rappelons que, depuis le début, nous avons été très clair sur le fait que les auteurs devront être rémunérés pour tout travail attaché à cet événement.

Les auteurs de BD sont de plus en plus précarisés, cette Année de la BD devrait leur apporter visibilité et fierté et, dans l’idéal, une amélioration économique. Il ne faudrait pas qu’elle ne leur offre au contraire de nouvelles raisons de se sentir incompris voire abandonnés.

Nous restons vigilants.

Le SNAC BD

JACQUES A DIT…

Une mauvaise impression, c’est toujours désagréable. Et ça l’est encore plus quand elle se confirme. Dans notre dernière publication, nous avons longuement évoqué les raisons du malaise que nous ont inspiré les déclarations de Yves Schlirf, directeur général adjoint de Dargaud Benelux, au salon de la bande dessinée d’Amiens le 31 mai 2019.

Ces déclarations, toutes maladroites qu’elles puissent paraître, nous semblaient refléter un mépris, conscient ou non, de la situation des auteurs et de leur importance capitale dans la chaîne du livre. Comme nous l’expliquions, au-delà d’une possible maladresse, cette tendance s’exprime depuis longtemps par la dégradation des pratiques éditoriales et des relations entre les éditeurs et leurs auteurs ( avances sur droits en chute libre, promotion des livres de plus en plus discutable voire inexistante, suivi de carrière aux abonnés absents, etc…).

Dans ce contexte déjà tendu, les auteurs et autrices avaient-ils-elles vraiment besoin des déclarations de Jacques Glénat, ce 1er juillet 2019, lors des Journées Nationales de la Librairie à Marseille, rapportées dans un article par ActuaLitté ?

Dans la lignée de Yves Schlirf qui nous disait que la BD « devient un métier quand on vend », Mr Glénat estime « Que tout le monde n’arrive pas à en vivre, c’est un peu comme si un sculpteur ou un peintre expliquait qu’il arrêtait parce qu’il n’arrive pas à vendre ses œuvres. Oui, c’est embêtant, mais malheureusement, c’est le succès qui fait la différence. ».

Il appuie donc cette regrettable hypocrisie qui veut faire peser sur l’auteur seul la responsabilité du succès de son œuvre. Comme si l’éditeur n’avait rien à y voir. Or, rappelons-le encore une fois: la vente n’est pas le travail de l’auteur, mais bien celui de l’éditeur, c’est même principalement pour ça qu’on lui cède les droits d’exploitation de nos oeuvres! Le fait que deux éditeurs majeurs du secteur partagent cette vision des choses nous semble en soit aussi révélateur que problématique.

Enfin, pour couronner le tout, Jacques Glénat se montre dubitatif lorsqu’il est interrogé sur la question de la rémunération de la présence des auteurs lors festivals et salons : « Ces événements invitent déjà les auteurs : le budget invitations d’Angoulême, pour l’organisation et pour les éditeurs est déjà gigantesque. Si ces salons doivent en plus payer les auteurs pour leur temps de présence, je ne sais pas comment ils vont réussir à équilibrer leurs comptes. Finalement, c’est l’État qui va se retrouver à payer ». On aimerait l’entendre un peu plus s’exprimer sur le bilan financier des auteurs. Pour rappel, 53% des auteurs BD professionnels (des gens qui travaillent et sont publiés, donc…) vivent avec des revenus inférieurs au smic (67% pour les femmes) , et 36% sont en dessous du seuil de pauvreté (50% pour les femmes), d’après les chiffres des Etats Généraux de la BD qui datent de 2014 (il est probable que cela ait empiré depuis).

Et l’un des plus polémiques éditeur français de conclure : « l’auteur qui fait une conférence, cela me parait normal qu’il soit rémunéré, mais celui qui vient faire la promotion de son livre, rencontrer des gens, je ne vois pas pourquoi on le paierait, c’est déjà une opportunité. Qu’on soit payé pour signer un livre, je trouve cela presque contre nature, car l’auteur est content de partager son travail avec les gens, d’entendre des questions, des commentaires… Ce serait un rapport un peu bizarre ».

Passer un weekend loin de chez soi, accueilli dans des conditions souvent confortables mais parfois discutables, beaucoup d’auteurs commencent à y rechigner. Certes, il y a le plaisir de retrouver les camarades du métier, parfois les organisateurs devenus des amis, et bien sûr les lecteurs. Mais il y a aussi la fatigue accumulée, le temps passé et le manque à gagner qui va avec. Pour bon nombre d’auteurs-trices dont la situation est extrêmement précaire, ce coût n’est plus envisageable. La limite est atteinte, et la bonne volonté des auteurs, qui a permis à nombre de festivals et salons de se développer, ne saurait persister encore bien longtemps.

Ne pas reconnaître que cette présence régulière, assidue, de ces auteurs et autrices permette aussi aux éditeurs en place de vendre des milliers d’albums à un public venu uniquement rencontrer ces même auteurs, voilà ce qui serait contre nature. Albums sur lesquels, puisque les droits générés viendront très souvent juste compenser leurs avances, la plupart des auteurs et autrices ne retoucheront pas un centime.

Aussi nous nous interrogeons sérieusement : à l’heure où le ministre de la culture Franck Riester a promis de « mettre les artistes au cœur des préoccupations » de l’Etat , le temps n’est-il pas plutôt à trouver des solutions durables pour que les auteurs et les éditeurs puissent continuer à travailler ensemble et à récolter le fruit de ce travail ?

On notera, en réaction, un communiqué des Humanoïdes Associés : « Pendant longtemps, les auteurs ont accepté de jouer le jeu de la promotion bénévole, et toute la chaîne du livre en a profité. Mais aujourd’hui nombre d’entre eux réclament une rémunération des dédicaces, et il est naturel que les éditeurs, maillon en charge de la diffusion des livres, participent à la rémunération de ce travail. Si certaines petites structures n’en ont pas les moyens, cela peut s’entendre, mais les éditeurs majeurs de ce marché […] n’ont aucune excuse pour se dérober ».

Nous saluons les mots, et attendons les actes des Humanoïdes Associés, des Editions Glénat, et des autres, afin de rémunérer les auteurs lors de la promotion. Nous restons vigilants et mobilisés.

Le SnacBD.

“Et sinon, c’est quoi votre vrai métier?”

“Evidemment, notre rôle est de faire en sorte que les auteurs puissent vivre aussi correctement que possible. Mais le rôle des auteurs, c’est aussi de s’adapter. J’en vois quand même pas mal qui diversifient leur travail, dans l’animation, le jeu vidéo, la publicité. C’est bien pour eux de pouvoir faire des choses comme ça, d’avoir une vison plus large de leur travail.”

En 2014, dans le documentaire “Sous les bulles”, Guy Delcourt donnait le ton, face caméra. Le message était à peine voilé: les auteurs de BD allaient devoir penser à se diversifier et ne pas trop compter sur la bande-dessinée comme revenu principal, voire unique. La sortie avait déjà fait grincer des dents à l’époque. On pouvait y voir une position personnelle, ou une vision prophétique, voire un vœu pieu. Depuis, la tendance déjà bien amorcée a continué dans la plupart des grandes maisons d’édition: baisse des avances sur droit, multiplication des livres à forte pagination, accompagnée bien souvent d’un paiement au forfait faisant chuter de manière vertigineuse le prix à la page, livres peu ou pas défendus à leur sortie, accompagnement de carrière de plus en plus timide…
Pour bon nombre d’éditeurs, il est même admis sans honte qu’il n’est plus question pour eux de savoir si l’auteur·trice pourra vivre décemment pendant la réalisation de l’album, grâce aux avances sur droits versées. Non, le prix de cette avance est uniquement établi sur la base du risque commercial que l’éditeur estime prendre en publiant le projet. Et manifestement, le pari ne vaut même plus un smic.
Pour rappel, 53% des auteurs BD professionnels (des gens qui travaillent et sont publiés, donc) vivent avec des revenus inférieurs au smic (67% pour les femmes), et 36% sont en-dessous du seuil de pauvreté (50% pour les femmes), d’après les chiffres des Etats Généraux de la BD qui datent de 2014 (il est probable que cela ait empiré depuis).

Ce 31 mai 2019, durant le 24ème rendez-vous de la BD d’Amiens, le clou a été enfoncé par une déclaration publique de Yves Schlirf, directeur général adjoint de Dargaud Benelux, rapportée par le site ActuaLitté:

“ La bande dessinée, ce n’est pas un métier en soi . Cela devient un métier quand on vend.”.

Mr Schlirf enchaînant en parlant de sa femme, autrice de roman, aux avances sur droits très faibles, il n’y a pas d’ambiguïté ou de malentendu: il parle bien des auteurs.

Cette fois, on ne s’embarrasse plus de louvoiement, le message est clair (et assumé?) : ce ne sont plus le talent, l’expertise, les heures passées sur ses planches, qui font de l’auteur un professionnel. Non, ce sont ses chiffres de ventes.

Editeur est manifestement un métier, tout comme chargé de communication, secrétaire, maquettiste, imprimeur, diffuseur, distributeur et libraire. Mais l’auteur·trice, qui produit pourtant l’oeuvre, la matière première qui donne sa raison d’être à la chaîne du livre, et dont toutes ces professions dépendent et n’existeraient pas sans elle, “auteur” n’est pas un métier, apparemment.

Du dédain à peine voilé, on est passé au mépris assumé. Nous aimerions que cette position ne soit qu’un égarement, qu’une vision personnelle des choses, uniquement imputable à Mr Schlirf. Malheureusement, les pratiques éditoriales qui s’installent dans le secteur depuis quelques années démontrent le contraire. Là où les grands éditeurs, et certains autres, demandaient il y a quelques années aux auteurs une professionnalisation forte, afin d’assurer une production intense et qualitative, ils prônent aujourd’hui l’inverse, afin de faire encore diminuer les coûts de production des oeuvres. Allez gagner votre vie ailleurs, mais n’oubliez pas de travailler vite (et bien, si possible) pour nous! C’est votre passion, après tout!

Au mépris s’ajoute l’hypocrisie, malheureusement pas nouvelle, autour des chiffres de ventes. Un auteur serait donc un professionnel si ses chiffres de vente le justifient. Au-delà même du simple fait de savoir à partir de combien de ventes on va distinguer les pros des amateurs, Monsieur Schlirf est manifestement atteint de dissonance cognitive et oublie un point essentiel: la vente n’est pas le travail des auteurs, mais bien celui des éditeurs. On pourra rétorquer que vendre une mauvaise oeuvre n’est pas chose aisée. Mais c’est là où l’hypocrisie est double, puisque l’éditeur est censé sélectionner les projets et accompagner leur développement. L’idée n’étant pas de dédouaner l’auteur d’un échec, mais bien d’admettre qu’un livre qui ne trouve pas son public est au moins autant de la responsabilité de l’éditeur, que de l’auteur, à qui on essaie ici d’imputer la totalité des mauvaises ventes. Combien d’auteurs se sont entendus dire “Tu vends à combien?” ou “Ah mais toi tu ne vends pas!”. Encore une fois, nous ne vendons rien, ce n’est pas notre métier.

Voilà donc où nous en sommes, quand nos supposés partenaires, non contents de nous refuser des rémunérations correctes pour la création des oeuvres qu’ils exploitent, en viennent à nier jusqu’à notre statut de professionnels…

Auteur·trice de BD est pourtant un travail extrêmement exigeant, qui demande une expertise dans des domaines divers et pointus (scénario, narration, dessin, composition, mise en couleurs, typographie, anatomie, architecture, 3D, graphisme, etc.) qui permettent souvent à ceux qui les pratiquent de trouver un accueil enthousiaste dans d’autres domaines, notamment ceux cités par M.Delcourt, tant leur savoir faire et leur vision d’ensemble sont appréciés. Le résultat de cette expertise est aussi un rayonnement mondial, puisque la BD franco-belge est souvent une inspiration, non seulement dans son propre domaine artistique, mais aussi pour d’autres médias, le cinéma et le jeu vidéo en tête.

A l’heure où “2020, l’année de la BD” est en préparation, et pendant que les organisations d’auteurs bataillent pour obtenir péniblement un minimum de 10% de droits d’auteurs sur le prix de vente des livres, il nous semble inacceptable que les auteurs subissent un tel mépris, là où leur situation a déjà largement atteint un stade critique depuis des années et continue de se dégrader à grande vitesse.

Rappelons enfin que dans les pays où il n’y a pas d’auteurs professionnels, il n’y a pas d’éditeurs professionnels non plus.

Restons donc tous vigilants·tes et mobilisés·ées.

Le SNAC BD

Pour les élections de la SOFIA

Qu’est-ce que la Sofia ?  A quoi ça sert ?

La Sofia perçoit et répartit le droit de prêt en bibliothèque. Elle perçoit et répartit également, à titre principal, la part du livre de la rémunération pour copie privée numérique et gère, depuis le 21 mars 2013, les droits numériques des livres indisponibles du XXe siècle.

Qui est concerné  par la Sofia?

La Sofia reverse également un montant correspondant à 50 pour cent des cotisations des auteurs appelées chaque année par l’Ircec (RAAP).

Pourquoi voter ? Pour qui voter ?

L’occasion nous est donné d’élire au conseil d’administration de la SOFIA un représentant issu de la bande dessinée, un candidat qui connait les particularités liées à nos professions, qui pourra faire entendre notre voix et défendre nos intérêts :

Marc-Antoine BOIDIN – Vice-président actuel du groupement BD

Qui peut voter ?

Seuls les adhérents Sofia, qui ont donc reçu un courrier avec le matériel adéquat, pourrons voter.

Comment voter ?

Trois possibilités:

  1. En Séance : le jeudi 20 Juin 2019 à 9h30 à l’Hôtel de Massa, 38, rue du fbg Saint Jacques, 75014 Paris (accueil à partir de 9h).
  2. Par vote électronique : (entre le 4 juin et 19 juin 2019-15h) en utilisant le matériel de vote que vous avez reçu. Vous avez reçu par courrier vos identifiants d’électeur et mot de passe.
    Sur le site : https://vote.election-europe.com/AG-SOFIA
  3. Par procuration: en utilisant le pouvoir qui vous a été envoyé avec le matériel de vote, daté, signé, et adressé avant le 18 juin 2019 à SOFIA ASSEMBLEE GENERALE (199 bis, bd St Germain – 75345 PARIS Cedex 07).

Déclaration d’intention de Marc-Antoine BOIDIN :

Dessinateur, illustrateur, je travaille depuis une vingtaine d’années essentiellement comme auteur de bande dessinée. Dessinateur d’une quinzaine de titres chez divers éditeurs BD (Delcourt, Futuropolis, Glénat…), mon parcours  professionnel  d’auteur m’a donc permis d’appréhender pleinement les problématiques de ce secteur.

Impliqué dans le comité de pilotage du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs (Snac) depuis 2010 , Vice-président pour le groupement BD, conseiller syndical depuis quelques années, représentant au CPE,  représentant au sein de l’ADBDA (association pour le développement de la BD à Angoulême) et représentant au CA de la Ligue des auteurs professionnels (LAP), j’ai eu par ces engagements l’opportunité de découvrir et de me sensibiliser aussi aux problématiques, souvent communes mais parfois sensiblement différentes, du secteur  du livre et même, au-delà, à celles des artistes-auteurs.

Si je me présente cette année à l’élection des membres du CA de la Sofia, c’est évidemment d’abord, dans ce contexte  particulièrement  inquiétant, afin de faire entendre notre voix, celle des autrices et auteurs de bande dessinée, longtemps sous-représenté.e.s dans les instances qui pourtant les concernent.

Droit de prêt, copie privée,  livres indisponibles, financement de nos retraites, formations des auteurs, soutiens aux actions culturelles , etc. Des sujets concrets qui concernent directement notre quotidien, c’est  pour cela que je sollicite votre soutien,  afin de pouvoir intégrer le conseil d’administration.

Je vous remercie de prêter attention à ma candidature.
Cordialement,
Marc-Antoine BOIDIN

Retraite des auteurs : agissons !

Avec la réforme des retraites, les artistes-auteurs pourraient bien perdre encore près de 13% de leurs revenus, voire 17% pour les auteurs et autrices du livre !

Un ensemble d’organisations professionnelles a décidé au-delà des discussions en cours avec les pouvoirs publics, de lancer une grande campagne pour éviter la catastrophe aux artistes-auteurs.

Dès aujourd’hui, nous vous demandons d’écrire à vos députés et sénateurs pour les mettre au courant du danger et obtenir leur soutien. Nous avons simplifié la chose au maximum, et tout regroupé sur un site au nom explicite : extinction-culturelle.fr. Vous y trouverez un modèle de courrier et les liens pour récupérer rapidement l’adresse de vos parlementaires. Et, bien sûr, des explications complètes sur ce qui menace les créateurs avec la réforme des retraites.

Partagez cette adresse sur les réseaux sociaux, accompagnez-la de témoignages, de dessins, de photos… Utilisez les hashtags #payetaculture et #payetonauteur. Auteurs, autrices, artistes, lecteurs, lectrices, citoyens et citoyennes, nous comptons sur vous pour protéger la création en France !

Le contrat BD commenté : un mode d’emploi du contrat d’édition

L’ édition 2019 du Contrat BD commenté est sortie.

Vous trouverez dans ce guide les informations et les outils pratiques pour comprendre, discuter et mieux négocier vos contrats.

Nous avons choisi de vous « désosser » ou de vous « disséquer » le contrat d’édition bande dessinée en vous présentant celui-ci :
– à travers les thèmes les plus importants,
– en abordant les articles qui figurent dans les contrats d’édition qui vous seront le plus souvent proposés (c’est-à-dire pour la France, le modèle de contrat proposé par les éditeurs, membres de l’organisation professionnelle majoritaire).

La brochure comporte de nombreux commentaires et des conseils pratiques, c’est un outil de travail, plus qu’un ouvrage théorique.